MARTHE ROBIN A JOUÉ UN RÔLE DANS LA FONDATION DE CAPMISSIO

Par le Père René-Luc

Il y a 40 ans, le 6 février 1981, Marthe Robin entrait au ciel. J’avais quinze ans. Le frère Daniel-Ange m’avait demandé de l’accompagner pour témoigner dans un lycée à Megève avec une petite équipe. Je n’avais jamais fait cela auparavant. Ma conversion était récente. A cette époque, j’étais un adolescent perdu, violent. Mais le 19 mars 1980, je suis allé écouter le témoignage de Nicky Cruz, un ancien chef de gang de New York devenu pasteur. Là, j’ai fait une expérience très forte du Seigneur et j’ai commencé un chemin de conversion. Quelques mois plus tard, je me suis donc retrouvé à Megève pour témoigner de ma conversion devant les élèves du lycée. Chaque fois que nous entrions dans une nouvelle classe, Daniel-Ange me faisait d’abord témoigner, puis, il prenait la parole et répondait avec le reste de l’équipe aux questions des jeunes. Le 6 février était le dernier jour de la mission. Daniel-Ange nous a alors annoncé que Marthe venait de faire son entrée dans le ciel. Le lendemain, sur le chemin du retour, nous avons fait un détour par Châteauneuf...

 

Je n’avais jamais entendu parler de Marthe. On m’a expliqué que c’était une stigmatisée. Je ne savais pas ce que cela voulait dire. On m’a dit aussi qu’elle était restée 50 ans sans manger ni boire, et qu’elle ne se nourrissait que de l’eucharistie qu'elle recevait une fois par semaine. J’étais intrigué. 


Lorsque nous sommes arrivés à la ferme, il y avait beaucoup de monde dans la cour. Nous avons attendu patiemment notre tour et nous sommes entrés dans la chambre de Marthe. La chambre était plongée dans une certaine obscurité, ou plutôt une douce lumière. Marthe était allongée dans son petit lit, paisible, habillée tout en blanc, les mains croisées sur son ventre. Elle esquissait comme un léger sourire. Sur son front apparaissait nettement des petites tâches de sang, sans doute les stigmates de la couronne d’épines. Nous sommes restés un moment en silence. Tout était simple, paisible, y compris la façon dont les membres du foyer géraient ce moment si particulier. J’ai eu comme l’impression de faire tout de suite parti de la grande famille de Marthe.


Quelques mois plus tard, j’ai ressenti un appel au sacerdoce. Ce n’étais pas facile de répondre vu mon parcours. J’étais un adolescent blessé et parfois blessant. J’ai décidé de prendre Marthe comme une grande sœur pour me tenir par la main jusqu’à mon sacerdoce. Depuis 1981, je suis retourné très régulièrement à la Plaine, pour me confier à elle. Il y a eu bien des tempêtes, mais Marthe a un bon pied marin!


De 1982 à 1986, j’ai fait tout mon lycée de la seconde à la terminale au lycée de la Victoire à Dinan, et je logeais la semaine au foyer de charité de Tressaint. Françoise, la responsable du foyer à l’époque, m’avait offert une très belle image de Marthe, avec une de ses phrases : « Prendre sa croix, ce n’est pas mettre des boulets à ses pieds, mais des ailes à son cœur, du bonheur, du ciel dans sa vie ». Cet appel à la joie venant d’un petit bout de femme dévorée par la souffrance est magnifique. J’ai été ordonné prêtre en 1994 et j’ai choisi cette phrase de Marthe pour mon image d’ordination. 


J’ai approfondi ma relation à Marthe par les livres. Je me souviens en particulier de mon premier livre écrit par le père Raymond Peyret : la croix et la joie. Paru en octobre 1981, la 4ème de couverture titrait déjà : « Sainte ou simulatrice ? » Les récentes accusations sur la prétendue « fraude mystique » de Marthe ne m’étonnent pas, car pour comprendre les mystiques, il faut accueillir le mystère. Jacques Maritain disait que « le mystère, ce n’est pas quelque chose où il n’y a rien à comprendre, mais quelque chose où il y a trop à comprendre ». Je ne suis pas étonné que beaucoup n’arrivent pas à comprendre Marthe et à entrer dans le mystère de sa vie. Personnellement, j’y entre avec une grande confiance, confiance d’autant plus facile qu'elle est confirmée sans retenue par notre Mère l’Église.


En 2001, 20 ans exactement après notre première mission à Megève, le père Daniel-Ange m’a demandé de le rejoindre pour l’aider dans son école d’évangélisation Jeunesse Lumière. Là, j’ai appris que c’est lors de cette mission à Megève, en me voyant témoigner devant les élèves, qu’il a eu cette intuition de fonder une école d’évangélisation pour que « des jeunes soient apôtres des aux autres jeunes ». Puisque cette mission fondatrice a coïncidé avec la naissance au ciel de Marthe, je suis sûr qu’elle est liée à l’origine de ces écoles d’évangélisation, foyers d’amour missionnaire !


En 2015, avec Mgr Carré, nous avons fondé CapMissio, la nouvelle école d’évangélisation du diocèse de Montpellier. Tout naturellement, nous avons pris comme saints patrons Saint Jean-Paul II et Marthe Robin. Chaque matin, nous concluons les laudes avec la prière de CapMissio dans laquelle nous demandons à Marthe de « veiller sur notre communion fraternelle ». Il ne peut pas y avoir de missions sans communion, c’est cela l’intuition principale de Marthe, que partout dans le monde se lèvent des petits foyers d’amour missionnaire qui rayonnent de l’amour de Dieu. 4O ans après, Marthe est toujours à l’œuvre dans les nouvelles générations, discrète, mais bien là ! 

 

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